
Plateforme d'expérience digitale open source : définition et critères de choix
Clement Egger
Une DXP open source est une plateforme d'expérience digitale dont au moins une couche, souvent le CMS, est publiée sous une licence qui permet de lire, de modifier et de redistribuer son code source. La licence fixe ce que vous avez le droit de faire avec ce code. Le mot "open source" ne dit pas à lui seul comment la plateforme est construite, maintenue ou facturée.
Qu'est-ce qu'une DXP open source ?
Une plateforme d'expérience digitale (DXP), parfois appelée plateforme d'expérience numérique, réunit la gestion de contenu, les données clients et les intégrations. Les équipes publient et personnalisent ainsi l'expérience client sur des sites, des portails et d'autres canaux. L'open source peut s'appliquer à une de ces couches ou à plusieurs. Il s'applique rarement à toutes de la même façon, car certains composants sont publiés sous licence ouverte alors que d'autres sont vendus sous licence commerciale.
Pour la définition d'une DXP et sa différence avec un CMS, lisez Qu'est-ce qu'une plateforme DXP (Digital Experience Platform) ?
Open source, open core ou propriétaire : ce que change la licence
La référence est la définition de l'Open Source Initiative. L'open source ne se limite pas à l'accès au code source. La licence doit aussi autoriser la redistribution libre et les versions modifiées. Trois cas couvrent la plupart des plateformes.
- Open source : la licence donne le droit d'utiliser, de modifier et de redistribuer le code. Un projet communautaire et un produit open source commercial peuvent tous deux entrer dans cette catégorie.
- Open core : le cœur est open source. L'éditeur vend une édition ou des composants supplémentaires sous licence commerciale.
- Propriétaire : le code source n'est pas disponible. L'éditeur garde la main sur les évolutions, les mises à jour et la maintenance.
Le cas d'un éditeur se lit dans sa licence, pas dans son étiquette.
Ce que l'open source apporte à une DXP et ce qu'il n'apporte pas
Ce qu'il apporte
- La maîtrise du code : vous pouvez l'examiner, l'étendre et modifier des comportements que la feuille de route d'un éditeur ne couvre pas.
- Moins de dépendance au calendrier d'un seul éditeur : si une fonction manque, votre équipe ou un partenaire peut la développer.
- Des correctifs de sécurité publiés au grand jour : un code public peut être relu par de nombreuses personnes et les failles peuvent être signalées et corrigées ouvertement. Votre équipe peut aussi ajouter les contrôles que votre cas demande.
- Un code public et une communauté que d'autres équipes peuvent réutiliser et enrichir.
Ce qu'il n'apporte pas
- Aucune sécurité automatique : la relecture ouverte n'aide que si le projet est activement maintenu et si vous appliquez vite les mises à jour.
- Aucune plateforme gratuite : la partie open source peut ne pas avoir de licence à payer, mais le développement, l'hébergement, la maintenance et les compétences ont un coût.
- Aucune expérience clé en main : la personnalisation, les tests et la gouvernance restent à configurer. Quelqu'un doit aussi porter la plateforme dans la durée.
Quelles couches d'une DXP peuvent être open source
Une DXP est faite de couches et chaque couche a sa propre licence. La gestion de contenu peut être open source alors que la couche de données clients ne l'est pas. L'inverse existe aussi. Apache Unomi en est un exemple. C'est une plateforme de données clients (CDP) open source, développée à l'Apache Software Foundation. Pour chaque couche, demandez quelle licence s'applique, qui la maintient et ce qui est vendu par-dessus.
Comment choisir une DXP open source
Partez du cas d'usage. Vérifiez ensuite la licence et ce que votre équipe devra exploiter elle-même.
- Les termes de la licence : ce que vous pouvez modifier, redistribuer et héberger, ainsi que ce qui demande un accord commercial.
- La gouvernance du projet : qui maintient le code, à quelle fréquence sortent les versions et comment les correctifs sont publiés.
- L'extensibilité et l'intégration : les API et les connecteurs vers votre CRM, votre DAM et vos outils d'analyse, ainsi que la quantité de code spécifique nécessaire.
- Le mode de diffusion : headless, classique ou hybride. En headless, construire le front-end est un projet à part entière.
- L'hébergement : cloud, on-premise ou les deux, ainsi que l'équipe qui applique les mises à jour.
- Les compétences et le support : l'équipe dont vous disposez, les partenaires disponibles et le niveau de support proposé.
- Le coût total : licences, développement, hébergement, maintenance et montées de version sur plusieurs années.
Pour pondérer ces critères, lisez Comment choisir une plateforme d'expérience digitale (DXP) ? Si votre point de départ est le CMS plutôt que toute la plateforme, CMS Open Source : Définition, explications et comparaison traite des licences de cette couche.
Où se situe Jahia
Jahia suit un modèle open core. Le cœur est publié sur GitHub sous une double licence, Apache 2.0 ou la licence commerciale de Jahia (JSEL), qui couvre les distributions Enterprise supportées.
Jahia Community, aussi appelée Jahia Open-Core, est la distribution open core. Elle ne contient que les composants open source et s'installe sous forme d'image Docker. Elle est fournie en best effort, sans SLA ni support. Jahia Enterprise est la voie supportée.
La DXP Enterprise réunit le CMS et une plateforme de données clients intégrée, construite sur Apache Unomi. Elle peut fonctionner en headless, en mode classique ou en hybride, en cloud ou on-premise. Certaines parties sont donc open source et d'autres sous licence commerciale. Les fichiers de licence du dépôt documentent laquelle est laquelle. Pour voir ce que cela donne sur votre projet, demandez une démo.
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'une DXP open source ?
Quelle différence entre une DXP open source et une DXP propriétaire ?
Jahia est-elle une DXP open source ?
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